Interview Philippe Burle
Philippe Burle prochainement de retour de blessure nous donne son avis sur les événements qui bouleversent le club.
Vaenl1: Pour ceux qui ne te connaissent pas en encore peux tu nous rappeler ton parcours?
P.B: J’arrive d’Espagne du Racing de Ferrol en 2ème division, avant j’ai joué 4 ans à l’AC Ajaccio, 6 ans à Monaco et à Mazague un quartier de Marseille.
Vaenl1: Comment es tu arrivé à Valenciennes?
P.B: L’an dernier, il me restait encore un an de contrat. Nous sommes descendus à cause de joueurs qui voulaient virer l’entraîneur. Les étrangers n’en savaient rien et on a subi une série de 17 matchs sans victoire et à la fin la relégation s’est jouée à une victoire. C’est en partie pour cela que je suis venu ici, la présence de Daniel Leclercq y a été aussi pour quelque chose.
Vaenl1: Est ce que tu ne retrouves pas cette ambiance ici?
P.B: Non à Valenciennes il y a une bonne cohésion, c’est différent.
Vaenl1: Comment différencies tu le championnat National et la D2 Espagnole?
P.B: Ca n’a rien à voir, dans le jeu c’est un pressing constant. Tous les joueurs savent qu’ils doivent défendre, quelque soit le joueur, tout le monde fait un travail défensif énorme. La D2 espagnole n’est quand même pas la L1, il y a plus de déchet technique, mais c’est compensé par une grosse débauche physique.
Vaenl1: Avec la présence de Daniel Leclercq, est ce que tu pensais que l’équipe allait subir un si mauvais début de saison?
P.B: Non pas du tout. J’ai beaucoup de respect pour Daniel Leclercq qui a été champion de France, mais enfin bon, c’est pas lui qui joue sur le terrain. La seule chose qu’il peut faire maintenant c’est de rentrer et de mettre un but.
Vaenl1: Toi qui est un peu en retrait en ce début de saison, tu penses que c’est dû à quoi?
P.B: On a des manques. Au niveau du jeu on ne joue pas trop mal, mais on a des carences dans les surfaces importantes du terrain, c’est-à -dire les derniers mètres devant et derrière. Derrière on fait de grossières erreurs, là le coach ne peut rien faire, on peut avoir la meilleure équipe du monde si on donne des ballons à l’adversaire, ils marqueront quand même des buts. Devant on n’arrive pas à marquer, on sait comment ça se passe, les attaquants ont le doute, même avec des ballons faciles ils ne tentent plus rien. Maintenant, il faut casser ça, c’est ce que le coach est en train de faire.
Vaenl1: Donc tu es en accord avec les décisions de l’entraîneur qui écarte certain joueurs?
P.B: Le joueur d’un club, il est payé. Donc il «ferme sa gueule», il joue et c’est tout.
Vaenl1: Qu’est ce que vous vous êtes dit dans les vestiaires ce mardi?
P.B: On a parlé, ca peut faire du bien. Mais bon les paroles c’est bien, maintenant il faut des actes, car des réunions on en a déjà fait quelques unes et ça n’a rien donné. J’espère qu’il va y avoir une prise de conscience, puisque certains joueurs vont s’entraîner avec la DH. Bien sûr si les gars se contentent de jouer avec la DH et qu’ils se disent je m’en fous je suis payé, c’est pas la réaction qu’il faut. Le coach attend une réaction d’orgueil de ces joueurs là , mais aussi de ceux qui s’entraînent avec l’équipe première, car il ne faut qu’ils se croient sur un piédestal et qu’ils s’endorment, on n’est pas à l’heure de s’endormir vu les résultats.
Vaenl1: Est ce que tu seras présent contre Wasquehal?
P.B: Je ne sais pas encore mais ça va être juste.
Vaenl1: Les supporters voient en toi le stabilisateur de cette équipe, qu’est ce que tu en penses?
P.B: Un joueur ça ne fait pas grand-chose. Il faut une confiance collective, en plus je ne suis pas un organisateur, je ne suis pas comme Platini qui rentre sur le terrain et de suite il fait la différence. Moi je vais essayer d’apporter de l’expérience et du mental.
Vaenl1: N’as-tu pas été un peu déçu par la réaction de certains supporters?
P.B: Je sais comment sont les supporters. Il y a toujours des vrais de vrais qui nous encouragent tous les jours que ce soit dans les bons ou les mauvais moment et les autres qui viennent au stade pour insulter, eux qu’ils soient là ou pas, pour moi c’est pareil. Mais franchement le public est bien, voir autant de monde pour une équipe qui est dernière c’est énorme. J’ai une anecdote, à Ajaccio, une fois je m’étais embrouillé avec un postier, quand tout allait bien il nous disait rien, et quand ça allait mal, c’était le premier à venir nous insulter. Une fois je suis allé à la poste et il ne foutait rien à son poste, soit disant que personne ne pouvait rien lui dire. Je me suis mis à l’insulter, j’ai fait pareil dans son boulot. Je veux bien qu’on fasse un métier magnifique, mais il faut avoir du respect, peut être pas pour le joueur mais au moins pour l’homme.

Superbe interview Shaka, comme tu me l’avais dit et comme je l’avais également jugé (j’ai eu l’occasion de discuter avec lui une fois au début de sa blessure), Philippe est vraiment un super mec.