Interview de Jean-Luc Sokal par Moukil.
Joueur de VA à l’époque des frères Zaremba, Benoit Tihy, Robert Jacques, Jean-Pierre Orts, Jean-Luc Sokal a la particularité d’avoir également joué à l’A.S. Monaco. Aujourd’hui à la recherche d’un club après son éviction de Marmande (CFA2) en novembre dernier, Jean-Luc Sokal a accepté de revenir sur son passé valenciennois et monégasque à quelques heures des 16e de finales de Coupe de France opposant le VAFC à l’ASM .
> Le tirage des 16e de finale de Coupe de France a désigné le match Valenciennes - Monaco, deux de vos anciens clubs. Ce tirage a dû vous faire sourire ?
Quand on voit ce tirage VA - Monaco, on se retrace vite les épopées à Monaco et Valenciennes. Même si à Monaco j’ai appris à connaître ce qu’était un club européen avec une participation en Coupe des Coupes, je garde de très bons souvenirs de mon passage à Valenciennes où j’ai vraiment passé de très bons moments. D’ailleurs, vous passerez mon bonjour à Daniel Leclercq ! Valenciennes, c’est le club de mes débuts avec un climat qui m’a beaucoup plu car le Nord possède une certaine identité. Même si j’ai beaucoup bougé en tant qu’éducateur ou entraîneur, je trouve que le Nord, comme la Bretagne d’ailleurs, a une identité très forte au niveau du football. Les supporters ne s’y trompent pas. VA restera une très grande période pour moi avec mes débuts professionnels et la construction d’un club même s’il a connu quelques soucis par la suite. Je crois que le valenciennois mérite un football de haut niveau.
> Entre VA et Monaco, votre coeur penche t-il plus d’un côté que de l’autre ?
Tout à fait, il n’y a pas litige pour moi, c’est Valenciennes. Mon coeur penche donc de suite vers le Nord. Valenciennes, ce sont des lettres qui brillent pour moi en permanence. J’y ai appris beaucoup de choses. Dans ce club, il y a une culture, une identité. A l’époque, j’étais avec Jean-Pierre Papin, Thierry Laurey, Philippe Périlleux et tous les autres. On essayait de se transcender lors des matchs pour faire en sorte que les supporters puissent oublier toutes les difficultés de leur vie quotidienne le temps d’un match. Ca a été fait avec le coeur à 500 %, après, sur le terrain, c’était parfois plus compliqué.
> Avez-vous un souvenir particulier de votre expérience à VA (79-85) ?
Il y en a plusieurs à commencer par le recrutement. A l’époque, j’évoluais dans un petit club, Guise, et avoir un club professionnel comme Valenciennes par l’intermédiaire de Michel Morneau qui vous fait les yeux doux, c’est quelque chose ! Quand on vient d’un petit club et qu’on arrive dans un club de stars comme Toko, Jan Wrazy, Robert Jacques, ça laisse un grand souvenir ! L’autre bon souvenir, se sont mes grands débuts en première division face à Delio Onnis qui reste encore aujourd’hui une grande référence pour les attaquants.
> Lors de l’été 85, vous avez quitté l’U.S.V.A. pour Monaco…
Monaco a été un grand choc de culture. Je quittais un bassin minier pour me retrouver dans un palace. Voilà , ce que je retiens de Monaco. Le souvenir n’est pas forcément bon parce qu’il y avait une grosse concurrence et je n’ai pas trop joué. A l’époque où je suis parti à Monaco j’étais sollicité par 5-6 clubs mais j’ai choisi le plus compliqué par goût des défis. Monaco, c’était un club d’internationaux et je n’avais pas envie d’attendre 70 ans pour jouer. Il y avait une grosse concurrence notamment avec Nenad Stojkovic et j’ai appris à mes dépens que pour revendre une star, il faut que la star joue. Je n’avais pas envie de rester sagement sur le banc à toucher mon salaire, je voulais jouer.
> Allez-vous suivre ce match VA-Monaco ?
Oui bien sûr, je vais essayé de suivre ce match le plus près possible en mettant tout mon coeur du coté des ch’tis !
> Quel est votre pronostic ?
Je crois que Daniel, s’il pouvait dire 1-0 ce serait bien ! Je crois qu’il est conscient de la difficulté. On connaît Monaco. Il a dû les superviser à de nombreuses reprises et voir le fabuleux travail réalisé par Didier Deschamps. Si VA pouvait gagner 1-0, ce serait une bonne chose. Quoique 2-1 pour amener du suspens au public !
> Justement lors de ce match, les supporters seront présents comme 12e homme…
Il sera là comme il l’a toujours été malgré les difficultés et aura à coeur de faire basculer le match en notre faveur. Oui, en notre faveur, je suis un ch’ti !
> Cette saison, après avoir connu les joies de la montée en CFA à la tête de Marmande, vous avez été remercié par vos dirigeants en novembre dernier…
C’est complexe ! Alors que j’arrivais en fin de contrat à Trélissac, le club de Marmande qui évoluait alors en DH m’a contacté pour les rejoindre. Petit à petit, on a bien travaillé et j’ai su m’entourer de joueurs et d’ éducateurs de qualités. De la DH, on est monté en CFA2 la première année. La deuxième année, nous avons terminé quatrième. La deuxième saison de CFA2 fut très bonne puisque nous sommes allés jusqu’en 8e de finale de Coupe de France et nous avons fini 2e, place qui nous donnait accès aux barrages. Puis la DNCG nous a autorisé à monter en CFA. Mon contrat a été prolongé puis j’ai eu quelques accrochage avec les dirigeants. Pour moi, les engagements que l’on tient auprès des joueurs ou des éducateurs doivent être respectés notamment sur le plan financier. Ce n’est pas un hasard si en 4-5 mois depuis juillet 2003, sept joueurs et trois entraîneurs sont partis. Les dirigeants se sont trompés de route. Je suis monté plusieurs fois au créneau et j’ai dû gonfler certains dirigeants. Tout cela est néfaste pour la stabilité d’un groupe qui, du coup, n’est plus à l’écoute. La préoccupation était plus à régler des soucis financiers. Les dirigeants n’étaient également plus à mon écoute puisqu’à l’intersaison, ils ont confié le recrutement à l’entraîneur de l’équipe 2. La situation s’est dégradée au fur et à mesure et le 10 novembre, les dirigeants sont venus me voir et m’ont dit ” Monsieur Sokal il y a eu 2 montées en trois ans, c’est bien mais on vous remercie. ” Aujourd’hui, l’affaire est devant les prud’hommes. Je ne regrette rien car un entraîneur se doit de défendre ses joueurs. Je crois que j’en ai fait la démonstration avec Marmande, on peut tirer le maximum d’un effectif en faisant confiance aux joueurs, en essayant de leur trouver des solutions sur le plan financier, en matière de construction de projet professionnels. Ce n’est pas en prenant les joueurs et en les jetant après comme c’est devenu la coutume qu’on y arrive ! Sous prétexte que ça se fait ailleurs, Marmande a décidé de faire pareil et on a perdu énormément ! Je pense qu’on aurait pu trouver une solution. Aujourd’hui, j’attends la rupture judiciaire de mon contrat afin de pouvoir rebondir soit dans la formation ou à la tête d’une équipe senior.
> Vous avez déjà quelques pistes ?
Non, pas encore. Je suis à la recherche d’un club, j’ai les diplômes pour entraîner jusqu’au niveau du National. A côté de cela, je relance sur l’Aquitaine un programme Oxygène et j’ai des pistes pour l’implanter en Bretagne. L’objectif de ce programme est l’insertion et la reconversion professionnelle des sportifs quelque soit la discipline. Ce projet a déjà été travaillé pendant un an avec la mise en place d’un réseau auprès des clubs, des collectivités, des entreprises. En huit mois, nous avons obtenu l’adhésion de 43 clubs ! En huit mois, nous avons pu guider vingt sportifs. Début février, je me rends en Bretagne pour lancer le programme dans ce secteur avec des personnes comme Yvon Le Roux. Ce projet me tient à coeur car je vous garantie qu’il y a vraiment des sportifs dans la merde. Je retrouve un peu Jean-Louis Borloo qui disait que des personnes avaient des dossiers de surendettements par dessus la tête. D’ailleurs, si un jour, il veut que je lui parle de mon projet et de la difficulté de reconversion des sportifs, ce sera avec grand plaisir. Le but du jeu d’Oxygène est de soutenir ces sportifs sur une nouvelle vie, un virage à 90 degrés. A travers ce dispositif, on va créer des plates-formes de chefs d’entreprises locales afin que l’on puisse mettre tout le monde en liaison. On apportera ainsi des solutions aux sportifs et aux entreprises. Les besoins seront anticiper. Par la suite, le but du jeu est de couvrir les 22 régions françaises. Il faut vraiment faire bouger les choses car aujourd’hui la reconversion des sportifs, c’est ” démerdez-vous “.
Moukil.

Même si j’ai pas connu Sokal, c’est sympa d’avoir ce genre de petite interview d’un ancien du club.
A renouveler selon les opportunités ! :-)