Les années Leclercq…

Après un ultime tour d’honneur sous les acclamations du public de Nungesser reconnaissant, Daniel Leclercq a quitté Valenciennes…


Un club qu’il avait rejoint deux ans plus tôt avec la montée en L2 comme objectif. Retour sur ces deux années riches en événements pour le club de l’Escaut.

Au terme de la saison 2002-2003, Didier Ollé-Nicolle décide de répondre favorablement aux appels du Nîmes Olympique bien que toujours sous contrat. Les dirigeants de VA se mettent alors en quête d’un nouveau technicien capable de redonner ses lettres de noblesses à un club longtemps marqué par les conséquences d’une sombre affaire. Fin du mois de mai, Bernard Moreau et Jean-Louis Borloo choisissent d’accorder leur confiance pour deux saisons à une vieille connaissance du club: Daniel Leclercq. Dès son arrivée, le Druide est conscient du challenge qui l’attend «Le fait que je revienne ici, c’est bien mais il y a derrière une grosse tache à accomplir. Je sais qu’aujourd’hui il y a beaucoup d’attente chez les supporters.» En effet, les objectifs fixés sont très élevés. Leclercq, réputé pour son exigence, doit permettre au VAFC de retrouver un niveau plus digne de son rang, la Ligue 2, mais aussi reconquérir le public de Nungesser au travers la production d’un football de qualité. Le défi est de taille mais rapidement le nom Leclercq mobilise et suscite beaucoup d’engouements et d’attentes. David Klein, Matthieu Bucher, Philippe Burle, Eric Chelle, Vincent Gastine et, un peu plus tard, dans la saison, Johan Duveau et Tidiane Dia posent leurs valises en terre valenciennoise. Malgré des débuts prometteurs contre Cannes en ouverture de championnat, la potion magique ne prend pas. VA s’enfonce et se retrouve même à cinq reprises en position de relégable. Certains supporters de Nungesser font entendre leur mécontentement et réclament la démission de l’entraîneur à la suite d’une nouvelle défaite face à Reims, le 10 septembre 2003. Daniel Leclercq tape alors du poing sur la table et met à l’écart plusieurs éléments de l’équipe première. Mais cela ne change pas grand chose, VA piétine et perd rapidement tout espoir de rejoindre l’une des trois premières places synonymes de promotion.

La Coupe: bouffé d’oxygène d’une saison en demi-teinte

Sa seule bouffée d’oxygène vient de Dame Coupe de France, Orlando Silvestri et ses coéquipiers parviennent à se hisser jusqu’en 16e de finale. Face à Monaco et ses nombreuses stars, VA, renforcé par Grégory Dufrennes fraîchement débarqué d’Amiens, tient la dragée haute aux hommes de Didier Deschamps dans un stade Nungesser archi-comble. Les futurs finalistes de la Ligue de Champions finissent par faire chuter de vaillants rouges et blancs au terme de la cruelle séquence des tirs aux buts. Le VA de Daniel Ledercq s’en sort avec les honneurs mais de longues semaines d’un championnat où le maintien reste à assurer attendent à présent les joueurs valenciennois. Malgré quelques belles victoires et une qualité de jeu reconnue par de nombreux adversaires, le club de l’Escaut doit se contenter d’une dixième place avec 20 points de retard sur le 1er Reims et 13 sur le 3e. Après une saison décevante au cours de laquelle les objectifs n’ont pas été atteints, l’intersaison vient à point pour améliorer un groupe qui a pourtant montré au cours de la saison qu’il possédait un potentiel intéressant.

VA sur le chemin du professionnalisme

Si côté sportif, l’ancien coach de la Louvière et son staff s’activent pour renforcer l’équipe, en coulisses aussi les choses bougent.Le VAFC change de statut et se transforme en Société Anonyme Sportive Professionnelle (SASP) avec à sa tête l’homme fort de l’USVO, Francis Decourriere. Autre bonne nouvelle attendue de longue date par tous les mordus de VA, Toyota France fait son entrée parmi les sponsors du club… et sur les maillots de l’équipe-fanion. Un premier investissement du constructeur japonais en attendant mieux… Valenciennes est sur la voie de la professionnalisation dans son fonctionnement, reste désormais à obtenir l’accession. Pour y parvenir, dirigeants et staff parviennent à convaincre Jérôme Lebouc, Sébastien Vaugeois, Freddy Bourgeois, Stéphane Coque et Steve Savidan de relever avec la manière le défi de la montée en L2 attendue depuis si longtemps par les fidèles de Nungesser. « Nous allons tout faire pour monter, nous avons rencontré des garçons prêts à adhérer à notre discours. Le groupe dispose d’un potentiel technique supérieur à celui de l’an passé et devrait donc proposer un volume de jeu plus important cette saison. Il faut tout simplement qu’ils apprennent à profiter. Dans le football comme dans la vie, il faut savoir prendre du plaisir ». Très vite, l’équipe impressionne et s’empare de la tête du classement après seulement 7 journées grâce notamment à des succès en terre bayonnaise et sètoise. José Saez, ancien pensionnaire du LOSC et d’Angers, vient compléter l’effectif et se met rapidement au diapason de ses nouveaux coéquipiers grâce à ses talents de buteur. Le soleil brille sur Nungesser, le public est de retour à Nungesser, le club caracole en tête.

La belle mécanique enrayée…

Premier coup de tonnerre le 8 octobre. Après un nouveau succès au dépens de Croix de Savoie, le Druide présente sa démission «J’avais demandé aux joueurs de se faire plaisir et de faire chanter Nungesser : les deux objectifs ont été atteints. Ce sont de grands moments de bonheur gâchés par une somme de détails qui font qu’il y a eu un trop plein et qui ont motivé ma réaction après le match. Dans un club comme le VAFC, il y a aujourd’hui beaucoup d’amour et de plaisir sur le plan sportif mais derrière tout cela se cache un courant d’antipathie à mon égard. J’ai peut-être le don de déranger, soit par ma personnalité, soit par ma réussite… Je suis arrivé ici avec une mission claire : faire progresser ce club qui est avant tout mon club. Tous ceux qui oeuvrent dans ce sens sont les bienvenus, en revanche, je craque lorsque je vois au quotidien que tout le monde ne tire pas dans le même sens.”Branle-bas de combat à Nungesser! Après deux jours de réflexion et plusieurs entretiens, le club organise une conférence de presse durant laquelle Francis Decourrière annonce que le grand blond, soutenu par ses joueurs, poursuit l’aventure :«Daniel continue à nos côtés. Il a mis en lumière certains dysfonctionnements internes qui le perturbaient au quotidien. Chacun a vu et proposé ce matin ce qu’il pouvait faire. On a pris des décisions et on va organiser tout cela dans la sérénité.»Malheureusement cette crise interne laisse des traces et l’élimination à domicile sans gloire en Coupe de France face à Feignies (CFA2) n’arrange pas les choses. VA ne gagne plus. Heureusement, aucune équipe poursuivante ne profite de la situation. Il faut attendre le 3 décembre et la réception du Racing pour voir les partenaires d’Eric Chelle renouer avec le succès. La fin de l’année se termine par un match nul à domicile contre Nîmes, l’équipe de Didier Ollé-Nicolle, un point suffisant pour rafler le titre honorifique de champion d’automne.

Amour, victoire et… crise de nerfs

Noël apporte aux Rouges et Blancs un nouvel attaquant en la personne d’ Olivier Bogaczyk que Leclercq a bien connu lors de sa période en Sang et Or. VA débute l’année 2005 comme elle l’avait terminé par un match nul 0-0 chez les voisins de Wasquehal. La piètre prestation de l’équipe fait sortir Leclercq de ses gonds et, à l’issue de la rencontre, il «tacle» ses joueurs, ce qui provoque la colère du capitaine Philippe Burle qui décide alors de rendre son brassard. VA pique une nouvelle crise, cette fois c’est le président Decourrière qui présente sa démission. Philippe Burle, quant à lui, est prié d’aller voir en équipe réserve quelques temps. Sale temps avenue de Reims… Si en coulisses, la situation est tendue, sur le terrain, Savidan empile les buts, l’équipe continue d’engranger les points et s’envole au classement. Cannes, Raon, Cherbourg, Roye, Tours, Besançon, Sannois, VA est irrésistible et élimine plusieurs de ses concurrents directs de la course à la montée. Avec la manière, l’équipe impose sa marque de fabrique et file droit vers la L2. Pourtant, une nouvelle fois, la crise couve en interne. Les rumeurs d’un non-renouvellement du contrat du Druide et de son remplacement par Antoine Kombouaré se font de plus en plus insistantes. Pourtant, dans les médias, l’entraîneur champion de France avec Lens clame son envie de poursuivre l’aventure: «On est toujours prêt à resigner après une saison sur le plan sportif, exceptionnelle.» Les supporters s’insurgent et décident d’agir pour que l’homme qui est parvenu à trouver la potion magique soit conservé. Ainsi contre Pau, le kop de la tribune de fer fait la grève des encouragements durant le premier quart d’heure. «J’étais un peu au courant de ce qui s’est passé durant les quinze premières minutes même si j’étais dans mon match et pris par le terrain. Je ne veux pas tout mélanger, il y a aujourd’hui un objectif qui est en passe d’être atteint. Concentrons-nous pour ne rien lâcher et surtout faire preuve de respect pour tous ceux qui oeuvrent pour ce club qu’on aime tous…»

Merci Daniel…

Dans ce contexte d’incertitudes et de protestations, VA se rapproche du Saint Graal et obtient définitivement la récompense d’une saison pleinement réussie le 7 mai au terme d’une victoire difficilement acquise contre Ajaccio grâce à un but de Jérôme Lebouc. Nungesser saute de joie et fête dignement ce retour tant attendu dans le monde professionnel. Dans les vestiaires, la nouvelle tombe comme un couperet, le président officialise la nomination de l’ancien entraîneur de Strasbourg, Antoine Kombouaré. «Valenciennes est ressuscité, met le nez à la fenêtre et va découvrir un peu la lumière. Assurer la montée en Ligue 2, ça fait chaud au coeur. C’est un moment relativement rare pour un entraîneur, il faut savourer. Le plus intéressant va venir, on va vers le titre. Rester au club ? Mais pour quoi faire ? S’il y avait deux entraîneurs, les joueurs seraient trop fatigués. Oui, je quitte VA. Antoine Kombouaré est quelqu’un de bien, que j’apprécie. Je suis prêt à le renseigner. j’espère que le président a fait le bon choix.» déclare le natif de Trith le Poirier. VA ne se contente pas de l’accession et décroche le titre de champion en déplacement au Racing, un sacre fêté quelques jours plus tard à la maison contre Bayonne dans un stade rempli à ras bord. Le match n’est qu’un prétexte à rendre un dernier hommage à Daniel Leclercq et ses joueurs. Valenciennes s’enflamme à nouveau pour son club remis enfin sur de bons rails. Une page se tourne, une nouvelle commence…

Le Bilan de Daniel Leclercq en quelques chiffres

> Saison 03-04: 10e 38 matchs 51 pts 14 v 09 n 15 d 41 bp 38 bc Diff +3

> Saison 04-05 : 1e 38 matchs 74 pts 20 v 14 n 4d 52bp 28bc diff +24

Total :

76 matchs, 125 pts, 34victoires, 23 nuls, 19 défaites, 93 buts pour, 66 buts contre, différence +27

Affluence totale (38 matchs)

177399 spectateurs (65787 +111612)

35 Joueurs utilisés: total (saison 03-04 + saison 04-05)

Silvestri 76 matchs (38+38)

Klein 66 (29+37)

Mater 65 (30+35)

Chelle 62 (29+33)

Savigny 56 (26+30)

Burle 54 (30+24)

Toraman 53 (26+27)

Traoré 49 (19+30)

Rjillo 43 (29+14)

Savidan 38

Bourgeois: 34

Kharroubi 33

Vaugeois 32

Cadiou 31

Bucher 30

Saez 29

Lacam 25 (7+18)

Jacquesson 24

Vigier 23

Dia 22 (8+14)

El Barkaoui 18 (14+4)

Lebouc 15

Pochot 15

Duveau 14

Dufrennes 12

Mercier 12

Danset 11

Chagot 10

Gastine 10

Monchau 10

Lambay 9 (8+1)

Bogaczyk 6

Champlain 2

Ambu 1

Perreaud 1

19 Buteurs:

Savidan 21

Silvestri 15 (9+6)

Rjillo 9 (7+2)

Saez 8

Jacquesson 7

Bourgeois 5

Cadiou 5

Chelle 3 (0+3)

Mater 3 (2+1)

Bucher 3

Dia 2 (1+1)

Lebouc 2

Mercier 2 (2+0)

Bogaczyk 1

Vaugeois 1

Toraman 1 (1+0)

Traoré 1 (1+0)

Lacam 1 (1+0)

Dufrennes 1

4 Jun 2005
Auteur : admin
Publié dans Non classé

16 réponses

Franck59No Gravatar chante:

Félicitations pour ce résumé !
Quand je lis çà, j’bréro !!!!

Buch chante:

Joli résumé ;-)

Titi chante:

Quel beau resumé !

matjosdom chante:

Respect Monsieur Leclerc !

c3ms chante:

vraiment dommage

manzana chante:

sans commentaire… Hormis que c ‘est un gros gâchis…

david59 chante:

bravo Moukil!! très beau résumé…quand on lit ça on remarque que Leclercq a été déterminant dans le renouveau valenciennois, gloire à lui…on ne l’oubliera jamais à VA…

take chante:

excellent moukil.
mine de rien silvestri vient de jouer 76 matchs avec le vafc (c’est à dire qu’il n’a pas loupé un match sur les deux dernières saisons), c’est quand même un bel exploit!!!!!!!!!

mr_propre chante:

vraiment très beau résumé, chapeau, très agréable à lire…(dans VA sur le chemin du professionnalisme t’as oublié l’arrivé de Kharroubi )

vafcforever chante:

silvestri était arrivé a l intersaison il y a deux sans donc 76 plus quelques autres matchs

moukil chante:

oui je suis d’accord avec toi mais le bilan ne concerne que les 2 années sous DL…

JV59 chante:

Passons a autre chose maintenant …arretons de remuer les mêmes discours…voyons devant … Je pense que tout le monde l’avait compris DL a fait beaucoup de chose.
Parlez plutot de recrutement, stratégie, club de supporter etc.
Enfin c juste mon avis

bengaet chante:

bravo Moukil super boulot

TheWanderer chante:

On ne lui dira jamais assez merci !
Juste un petit truc, il me semble que dans les joueurs utilisés, il manque Loic Lagouche, qui avait fait un très très bon match, si je me souviens bien, c’était la saison 2003/04 contre Wasquehal …

reno chante:

merci moukil
beau résumé et un grand merci à Monsieur LECLERCQ

Denis59494 chante:

Bravo pour cet article qui résume bien la saison de tout un club de tout une ville et sa serait pour demander comment sa marche pour les abonnements? Ou les trouvés? A partir de quand? Combien sa coute? Merci d’avance ALLEZ VA

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