Nungesser ......victime d’Al Capone

L’histoire de VA et de ses supporters

Re: Nungesser ......victime d’Al Capone

Messagepar felix » 02 Oct 2011, 14:10

vjp a écrit:http://videos.arte.tv/fr/videos/le_mystere_de_l_oiseau_blanc-4164660.html
vjp a écrit:belle emition hier ,sur arte:la traversée de Nungesser et Collis,on peut la revoir sur le site :wink:


ou sur http://www.megaupload.com/?d=ZMZEZ2ZK
Avatar de l’utilisateur
felix
Etudiant
Etudiant
 
Messages: 856
Inscription: 29 Juil 2003, 01:00
Localisation: wallers

Re: Nungesser ......victime d’Al Capone

Messagepar vjp » 27 Déc 2011, 11:35

LE VISAGE DE L'ACTUALITÉ |

C'est grâce à un retraité que l'aviateur le plus célèbre de Valenciennes, Charles Nungesser, revient ces jours ci au devant de l'actualité. Bernard Decré lancera au printemps une nouvelle campagne de recherches près de Saint-Pierre-et-Miquelon. Avec la preuve, aujourd'hui, que le pilote a réussi à traverser l'Atlantique. Avant Lindbergh.

PAR THÉODORE TERSCHLUSEN


[email protected] fr REPRO « LA VOIX »

À quoi se reconnait un chasseur non pas d'épave, mais de légende ? Au téléphone, la voix n'a rien d'éthéré, au contraire. Bernard Decré est un retraité en pleine forme. Prêt encore, à 72 ans, à remuer ciel et terre. Et surtout les eaux de l'Atlantique, au pied de St-Pierre et Miquelon, à deux pas de Terre-Neuve et du continent américain. Où il est sûr maintenant que Charles Nungesser est tombé.

Comment le papy aventurier a-t-il croisé la route de l'as des as de la Grande Guerre, qui avait fait vibrer toute une nation en tentant de brûler la politesse à Lindberg pour réussir la première transatlantique en avion ? Pour notre bouillant papy, l'aviation, c'est sacré. Et le plus beau jour de sa vie, celui ou pour la première fois il a pris le manche seul. Le déclic, côté Nungesser, est venu en 2007 quand sa petite-fille lui a offert un livre sur les chasseurs d'épaves. Avec 20 pages consacrée à l'Oiseau blanc, l'avion de Nungesser. Depuis cinq ans, Bernard Decré n'a plus qu'un rêve. Retrouver cet avion, rendre (toute) sa part de gloire à l'aviateur. Longtemps, il prêchera dans le désert, perçu comme un doux-dingue. Depuis quelques mois, il est devenu une petite star des medias. Interviews à la pelle, documentaire sur Arte, un passage au 20 h. Et même un article à la une du Washington Post, l'un des plus prestigieux journaux américains, dont les reporters ont recoupé et vérifié toute son enquête. Car depuis 2007, Brernard Decré n'a pas chômé, et s'est mué en vrai rat d'archives.

Depuis des années, l'avis des spécialistes est que Nungesser, qu'on croyait d'abord perdu dans la Manche, a presque réussi sa traversée. Des témoignages disent l'avoir vu au dessus de Terre-Neuve, voire de l'Etat du Maine aux Etats-Unis où il se serait écrasé. Mais rien d'incontestable. Cette preuve, Bernard Decré aujourd'hui la tient. par le biais d'une lettre sur papier d'écolier d'un pêcheur de l'île de Saint-Pierre signalant des manoeuvres des gardes-côtiers américains. C'est grâce à ce courrier que Bernard Decré a eu accès au saint des saints des archives nationales américaines, Pennsylvania avenue à Washington. Dans une boîte, à quelques centaines de mètres du Smithsonian Institute où est gardé... l'avion de Lindbergh, des livres de bord de la marine US. Et cette mention de l'été 1927. Les garde cotes on retrouvé la double aile d'un biplan. Ils ne doutent pas, eux. C'est l'Oiseau blanc. Mais Lindbergh vient tout juste, lui, de traverser l'Atlantique dans l'autre sens. La mention restera dans un tiroir.

Après la preuve, l'épave. Bernard Decré s'est mué en plongeur. Déjà plusieurs campagnes organisées auprès de Saint-Pierre, dont l'une avec le concours de l'Ifremer.. La prochaine sera cofinancée par Safran, le groupe aéronautique, né de la Snecma, elle même née de Lorraine-Dietrich, constructeur du moteur de Nungesser. En mai, Bernard Decré s'y recolle. •
Avatar de l’utilisateur
vjp
Légende du forum
Légende du forum
 
Messages: 17113
Inscription: 04 Jan 2006, 01:00
Localisation: croix d Anzin-Verley

Re: Nungesser ......victime d’Al Capone

Messagepar vjp » 11 Juin 2012, 09:25

Valenciennes. Une équipe part à la recherche de l'avion de Nungesser

Menée par Bernard Decré, une équipe de cinq personnes va entamer, ce samedi 9 juin, des recherches afin de retrouver les restes de l'Oiseau Blanc, le biplan de l'aviateur valenciennois Charles Nungesser. Ce dernier aurait bien traversé l'Atlantique en 1927.

Demandez autour de vous, notamment aux jeunes Valenciennois, qui est Nungesser. La plupart ne saura pas vous répondre. Seul le nom de l’ancien stade de foot sert de référence. «Il serait dommage que les jeunes pensent que c’était un joueur de football », ironise Bernard Decré.
Ce Nantais d’origine, créateur de la course de France à la voile, « modeste pilote » et passionné d’aviation, part ce samedi 9 juin pour sa quatrième grande expédition à la recherche des restes de l’Oiseau Blanc, le biplan de Nungesser et Coli, de l’autre côté de l’Atlantique.
Le 8 mai 1927, une dizaine de jours avant la traversée victorieuse de Lindberg, Charles Nungesser, héros valenciennois de la Grande Guerre, et François Colis, décollent du Bourget à bord de l’Oiseau Blanc. Les deux aventuriers tentent de rejoindre New-York sans escale mais on perd leur trace quelques heures plus tard. L’avion est aperçu pour la dernière fois près des côtes irlandaises et tout le monde pense qu’il est tombé dans la Manche. Tous sauf quelques passionnés dont fait partie Bernard Decré. Selon lui, malgré les mauvaises conditions climatiques, Nungesser a bien traversé l’Atlantique.

A lire également sur le blog de Bernard Decré

Découvrez aussi le petit différend avec la mairie de Valenciennes dans l'Observateur du Valenciennois du vendredi 8 juin, en vente jusqu'au jeudi 14 juin 2012.
Avatar de l’utilisateur
vjp
Légende du forum
Légende du forum
 
Messages: 17113
Inscription: 04 Jan 2006, 01:00
Localisation: croix d Anzin-Verley

Re: Nungesser ......victime d’Al Capone

Messagepar gautier » 13 Juin 2012, 10:36

Avatar de l’utilisateur
gautier
Prof
Prof
 
Messages: 1280
Inscription: 11 Avr 2006, 01:00
Localisation: Lille/Valenciennes

Re: Nungesser ......victime d’Al Capone

Messagepar michael74 » 13 Juin 2012, 10:51

Avatar de l’utilisateur
michael74
BANNI
 
Messages: 1032
Inscription: 23 Mai 2012, 09:48
Localisation: Hainaut

Re: Nungesser ......victime d’Al Capone

Messagepar Polska » 22 Juin 2012, 23:28

Avatar de l’utilisateur
Polska
Elève
Elève
 
Messages: 167
Inscription: 28 Mai 2010, 23:04
Localisation: A 7000km du stade

Re: Nungesser ......victime d’Al Capone

Messagepar vjp » 29 Aoû 2012, 07:34

Au large de Saint-Pierre-et-Miquelon, la troisième campagne de Bernard Decré, l'homme qui veut retrouver l'avion de Nungesser, n'a pas permis de repêcher l'Oiseau blanc.
Le chercheur d'épave recommencera en 2013.
Pas de place pour le doute chez lui. Et puis, cet été, il n'est pas encore sûr... de n'avoir rien trouvé.
Il nous avait prévenus : « La mer est vaste ». Pas d'impatience donc... En juin, l'équipe de Bernard Decré a sondé sans relâche une parcelle de l'Atlantique Nord « On a bossé 70 heures par semaine. C'est moi qui devais demander aux gars de se reposer . » Mais la passion mise dans la quête n'a pas permis de faire sauter le verrou de l'inconnu. Aucune trace, toujours, d'un morceau de l'Oiseau blanc , disparu depuis 1927. Pourtant, avec une météo idéale, jamais Bernard Decré n'avait autant ciblé son secteur de recherches : 2 kilomètres sur 2. Jamais aussi, il n'avait disposé d'autant de moyens. « C'était, au final, la première vraie campagne » glisse l'intéressé. Grâce à l'aide du groupe Safran, Bernard Decré a pu s'équiper d'un sonar multi-faisceaux et d'un magnétomètre de dernière génération.
En face de St-Pierre, les appareils ont été réglés pour signaler une masse métallique de 300-400 kilos. Le poids approximatif de ce qui devrait rester du moteur de l'avion. Mais sur des fonds plats et sableux, par quelque 40 m de fond, jamais l'engin n'a été formellement identifié. Bernard Decré recommencera donc en 2013, avec le même budget, environ 150 000€. Et sans doute un instrument supplémentaire, un robot sous-marin. Car, outre trois épaves de chalutiers, le sonar a aussi repéré des objets métalliques non identifiés. Situés trop en profondeur pour être examinés par des plongeurs, ils ont été dûment balisés.
Si la lassitude, d'ici là, devait effleurer Bernard Decré, ce qui paraît bien improbable vu l'animal, il pourrait toujours lui opposer « La » preuve.
Ce rapport des garde-côtes américains, déterré par ses propres soins dans les archives américaines, affirmant avoir retrouvé au large de la possession française des restes de l'Oiseau blanc, en 1927.
Au demeurant, cet été, Bernard Decré a aussi poursuivi son enquête au long cours, vieille de cinq ans. Cette fois, il a filmé le témoignage de cet habitant de Saint-Pierre, voisin du pêcheur aujourd'hui décédé, qui en 1927 jurait avoir entendu un avion se poser et des voix dans le brouillard. En septembre, Bernard Decré, qui a l'oreille du commandement militaire suprême de l'OTAN, se rendra aussi sur la base de Norfolk, en Virginie. Pour remercier les officiers de leur soutien, aussi parce que l'état major des garde-côtes est tout proche. Et que les débris retrouvés en 1927 dorment peut-être dans l'un ou l'autre hangar. Une autre piste le mènera elle à Portland. Là, un morceau d'aile, et un tableau de bord repêchés en mer en 1961 auraient été vendus à un brocanteur. La quête continue. Pour la campagne 2013, Bernard Decré espère même un invité de marque. Erik Lindbergh, le petit-fils du vainqueur de l'Atlantique. Le chercheur d'épave rêve de le voir mettre à l'eau une gerbe en l'honneur de Nungesser sur le lieu supposé du naufrage.
vdn
Avatar de l’utilisateur
vjp
Légende du forum
Légende du forum
 
Messages: 17113
Inscription: 04 Jan 2006, 01:00
Localisation: croix d Anzin-Verley

Re: Nungesser ......victime d’Al Capone

Messagepar vjp » 31 Déc 2012, 10:11

très beau reportage sur Nungesser et Colis (un marseillais :D )sur France2; cette année , les recherches repartent :wink:
Avatar de l’utilisateur
vjp
Légende du forum
Légende du forum
 
Messages: 17113
Inscription: 04 Jan 2006, 01:00
Localisation: croix d Anzin-Verley

Re: Nungesser ......victime d’Al Capone

Messagepar Polska » 16 Avr 2013, 20:17

Avatar de l’utilisateur
Polska
Elève
Elève
 
Messages: 167
Inscription: 28 Mai 2010, 23:04
Localisation: A 7000km du stade

Re: Nungesser ......victime d’Al Capone

Messagepar TLBXL » 03 Juin 2013, 08:38

TLBXL
Prof
Prof
 
Messages: 3271
Inscription: 23 Aoû 2012, 09:32

Re: Nungesser ......victime d’Al Capone

Messagepar vjp » 22 Juin 2013, 06:14

FLYINGDOCTOR à dit le mardi 16 novembre 2010 23h34

Publié dans "Portances et Trainées" le magazine n°37 de l’Aéroclub de Mulhouse

VOL VERS BOSTON…DANS LE SILLAGE NOSTALGIQUE DU 80° ANNIVERSAIRE DE LA TENTATIVE DE NUNGESSER ET COLI…

La grande majorité des vols transatlantiques se déroule maintenant sans le moindre incident. Celui-ci en fait partie. Alors, le nez au hublot, comme d’habitude, mon regard laisse s’échapper la côte française puis les îles anglo-normandes et, l’Océan Atlantique, qui scintille en ce début d’après midi, me pousse à la rêverie et aux souvenirs historiques.

J’imagine Charles Nungesser, l’aviateur héros de la guerre de 14, passer la porte du bar « Le Croissant » pour y retrouver son ami François Coli, assis à la place même où fut assassiné Jaurès.
Perdu dans mon petit délire, j’écoute leur conversation :
 Alors, François, quoi de neuf ?
 Rien de bon. Le Bernard Tango n’a pas tenu aux essais.
 Tu abandonnes tes projets de vol transatlantique France- Etats-Unis ?
 Tu charries, non, des fois ? J’ai un type en vue avec un appareil capable.
 C’est-à-dire que l’on pourrait, peut être, s’associer ?

C’est ainsi que l’accord avec l’ingénieur et constructeur Pierre Levasseur ne traîne pas. Après un an de galère, de promesses d’appuis officiels jamais tenus, d’incrédulités et de sourires narquois des petits copains, le projet semble, enfin, prendre forme.

En septembre 1926, l’avion marin ; prototype issu du PL 8, quitte le bureau des épures pour l’atelier de montage et, bientôt, le moteur de 450 Cv Lorraine Dietrich 12 Eb tourne rond au banc d’essai.
Le 26 septembre, son ami René Fonck s’écrase au décollage à New York avec son biplace Sikorski. Il survit à l’inverse de deux de ses coéquipiers mais sa carrière s’arrête là.
« Nunge » travaille méthodiquement. Il surveille toutes les phases de la construction et « potasse » sa navigation. Il écrit à sa femme Frances,rentrée aux Etats-Unis : « ma réussite marquera l’avènement d’une ère nouvelle…Derrière moi, je vois des flottes aériennes s’élancer…Avant 10 ans, elles assumeront un service régulier avec aisance et sécurité… »

Lorsque l’avion marin fait ses premiers tours de roues sur le tarmac, son ami, le journaliste Mortane, l’interpelle :
 Comment vas-tu le baptiser, Charles ?
 « L’Oiseau Blanc », personne ne saura pourquoi mais, au Texas, dans une lointaine tribu Comanche, sur les rives de la Rivière Rouge, ce sera ma manière à moi de remercier le Sachem Tawtsée de son accueil. « Mon frère, l’Oiseau Blanc est un grand guerrier de sa noble nation, la gloire et l’espoir de ses ancêtres. La nation Comanche est fière de te compter au nombre de ses fils ».

Et puis l’Oiseau Blanc vole enfin pour la première fois et les essais se poursuivent dans la discrétion. Avec les 4 000 litres d’essence qu’il peut emporter à pleine charge, son autonomie à 165 Km/h est de 7 000 Km et il y a 6 000 Km à franchir pour atteindre New York. Les essais en altitude permettent à Coli de monter à 6 500 mètres par une température de – 26°C. Le Levasseur est testé avec satisfaction à la charge utile de 4 tonnes et à 200 Km/h.

A l’ingénieur qui souhaitait installer la TSF, Nungesser répond : « Mon cher Farret, je songe à la victoire, pas à sauver ma peau. Vos postes, récepteurs émetteurs, accus et tout le bazar, c’est autant de dizaine de litres en moins. Ce n’est pas avec des ondes que je traverserai l’Océan. Pas de radio ; de l’essence, le plus d’essence possible. Songez – y ! »

L’hiver 1926-1927 se passe à effectuer des réglages et à étudier les rapports météo pour préciser la route Nord ou la route Sud.

Le 16 avril, l’ « America » de Byrd s’écrase sur la piste de Teterboro (New York). Le pilote est sauf mais l’appareil est détruit.
Le 20, « Miss Columbia », le Bellanca de Chamberlin perd son train d’atterrissage au cours d’essais.
Le 26, l’ « American Legion », le grand biplan de Davis, Franck et Wooster s’écrase au décollage dans les marais de Langley Field.
Le 29, sa femme lui écrit d’Amérique que Lindbergh songerait à partir fin mai à bord d’un monoplan Ryan : le « Spirit of Saint Louis » pour effectuer le trajet New York – Paris.

Nungesser dont la devise guerrière est « Nunc, je sers » et son ami le marin borgne Coli décident qu’il est temps de brusquer les choses. Ils fixent arbitrairement la date du jeudi 5 mai 1927 puis se disent que le 8, fête de Sainte Jeanne d’Arc, ça aurait de la classe ! (C’est assez amusant de constater qu’aujourd’hui, la Sainte Jeanne d’Arc est fêtée le 9 mai, le 8 mai étant célébré la victoire de 1945 !)
Le 4 mai, l’Oiseau Blanc échappe de justesse à un incendie …

8 mai 1927 : 4 heure 50 : les vantaux du hangar s’écartent. Dans le silence, un long frisson parcourt la foule comme le souffle de la tempête – qui a sévit toute la nuit – sur un champ de blé mur. Sur le fuselage immaculé de l’appareil, le funeste blason a pris sa place ; « d’argent sur champ de sable, portant cercueil au chef, tête de mort en abîme, tibias croisés en pointe, chandeliers à flancs dextres et senestres ». La météo est loin d’être fameuse et un front actif est attendu. Dans cette aube pâle où stagne la brume, les deux héros ont des allures de chevaliers moyenâgeux. L’un casqué, l’autre, le visage à moitié masqué par un bonnet de laine noir qui cache son œil absent. Nungesser s’est confessé la veille pour cette phénoménale bataille. Les militaires présentent les armes, créant ainsi une haie d’honneur qui mène les deux hommes à leur destrier d’acier. Le Tout Paris du spectacle est là ainsi que les ministres et les officiers généraux. La tradition chevaleresque de l’aviation militaire de la première guerre mondiale, remise à l’honneur par les Fonck, Guynemer, Garros… est bien vivante.

« Mon Général, nous ne nous reverrons peut être plus ; aussi je vous demande de témoigner, s’il en était besoin, que nous avons bien préparé notre tentative. A Dieu vat ! »

et puis, un peu plus loin ;

« On part sans le sou. Il m’en restait quatorze, je les ai lancé à quelqu’un…Nous, on va jouer notre peau, mais en beauté et chaudement. Si les américains nous demandent nos passeports, je fais demi tour ! »

Coli regagne son poste de pilotage en distillant quelques astuces savoureuses tandis que, silencieux, Nungesser le suit. En guise de visite prévol, quelques coups de palonnier et, à 5 heures 17, c’est le démarrage des moteurs. Du premier coup. Sur la piste du Bourget, l’Oiseau Blanc prend de la vitesse et s’arrache du sol par petits bonds. Il lui faut plus d’un kilomètre et quarante six secondes pour décoller du point précis qu’il a prévu.

L’avion marin larguera son train un peu plus tard. Il descend les boucles de la Seine à basse altitude car il est très lourd. A 6 heures 45 ; il survole Etretat et, suprême classe, le Breguet XIV du Capitaine Vanson vient le frotter des ailes, embrassant ainsi le Grand Charles, une dernière fois, sur la joue.

La bataille de l’Atlantique commençait. On ne les revit pas.
Ont-ils péri en Atlantique, ou se sont-ils perdus au dessus du Canada après avoir survolé Terre Neuve ?

Nous célébrons cette année les 80 ans de cette tentative. Les médias, même aéronautique, n’ont pas rappelé cet exploit.

Le 21 mai, avant même de poser le pied sur le sol de France, Lindbergh demande : « les a-t-on retrouvés ? ». Sa première visite est pour la mère du Charles disparu, recevant le Charles triomphant.

Les 14 et 15 octobre, Costes et Le Brix, à bord d’un Breguet 19 GR baptisé « Nungesser et Coli », effectuent la première traversée sans escale de l’Atlantique Sud entre Saint Louis du Sénégal et Natal au Brésil.

Costes et Bellonte ne vaincront l’Atlantique Nord (Paris – New York) – à bord du « Point d’Interrogation » que le premier septembre 1930 en 37 heures et 18 minutes.

Confortablement assis dans mon fauteuil de classe économique (…), je ne me lasse pas de scruter l’étendue maritime. Durant la première partie du trajet, pas la moindre couverture nuageuse ne m’empêche d’observer l’immensité liquide parfaitement vide. Pas le moindre growler, pas le moindre sillage de bateau. Comme je suis assis en place gauche, je n’ai que peu de chance d’observer la moindre terre avant …Terre Neuve !
Et puis, en approche du confluent du Gulfstream et du courant du Labrador, un pointillé de petits nuages bien alignés fait son apparition. Au fur et à mesure de la course vers l’Ouest, ces boules de coton se soudent et donnent une espèce de banquise aérienne mal peignée avec ses failles en escaliers, ses plaines duveteuses et ses étranges canyons qui trouveraient leurs places dans des cauchemars tout en rondeurs…
Nous devons survoler Terre Neuve car la carte déroulante qui s’affiche sur les moniteurs TV indique que nous sommes presque à la verticale de Gander. La couche se fragmente et laisse apparaître des lacs et des bras de mer qui scintillent comme des flaques de mercure dans un soleil bas qui procurent une image en noir et blanc. C’est un paysage de toundra avec des landes jaunâtres et des forêts de résineux rabougris.

Je me souviens soudain que des pêcheurs des baies de Fortune et de Plaisance, ignorant tout de la tentative de l’Oiseau Blanc, ont déposé sous la foi canadienne du serment, devant des commissions canadiennes, américaines et françaises, d’avoir vu le 9 mai 1927, vers 8 heures 15 heure locale, passer un gros biplan blanc, sans roues, volant vers le Sud Ouest dans le vent de neige qui commençait…Tout colle ; date, heure, description, cap, météo…

Les bras de mer succèdent aux lacs et la couche se referme inexorablement, laissant parfois apparaître fugitivement les îles du Golfe du Saint Laurent. Nous abordons le survol de la Nouvelle Ecosse.

Je me souviens alors qu’en 1932, un trappeur canadien français, descendant le cours de la rivière Péribonka, au Nord de Chicoutimi, découvre à demi enterrée dans le sable une bouteille qui contient un message daté du 10 mai 1927, donnant une position et signé Nungesser et Coli. Le billet, soigneusement envoyé aux archives françaises a disparu… La dépression signalée à Terre Neuve les aurait emportés au Nord de leur route et ils auraient tenté un amerrissage sur le Saint Laurent près de Québec ? Puis, les conditions s’améliorant, ils auraient mis cap au Sud où des traces de carlingues auraient été retrouvées dans les années 30 par un avion de l’USAF et, même les débris du moteur, dans le Maine sur la route de New York…

En attendant, le 747 – 400 d’Air France (vieux modèle) poursuit son chemin sur Boston. Le pilote n’a pas encore entamé sa descente mais a annoncé une météo médiocre à destination. Comme il y a du trafic sur zone, nous « hippodrommons » plusieurs fois du côté de Portland. Inutile de chercher à découvrir Cape Cod car cette fois ci la couverture nuageuse a l’épaisseur d’un bel édredon. Pour un pilote « basiquely » VFR, traverser la couche, même en pas, est une épreuve déplaisante. L’appareil tangente quelques instants ce lit bouillonnant de vapeur grisâtre, comme pour prendre une dernière goulée d’air frais puis, manifestement à contre cœur, s’enfonce dans cette laine de verre qui le chahute un peu. Et les minutes en IMC s’égrainent. Sans instruments à consulter, c’est un peu stressant. Et la couche est épaisse puisqu’on en sort à moins de 500 pieds…Au dessus d’une mer noirâtre et agitée.

Avec un gros porteur, le contact avec le sol est moins feutré qu’avec un AA5A…Le terrain est détrempé. Dans le lointain, les grattes ciel de Boston égratignent les nuages. Nous abandonnons à tribord une longue queue d’appareils qui attendent une clairance pour décoller et retrouver le soleil.

Les opérations d’immigration, d’habitude tatillonnes aux USA, se passent fort bien et nous prenons la navette pour le centre ville. Les premiers pas dans une ville inconnue sont toujours un moment de magie qu’il faut savoir savourer. Tirer sa valise à roulettes sur les plaques bétonnées des trottoirs au milieu d’une foule qui grouille en tous sens, observer les piétons qui hâtent le pas à la sortie des bureaux la main gauche collée à l’oreille par un portable qui semble faire partie de leur chair et s’insinuer sur un asphalte qui ne voit jamais le soleil au milieu d’immeubles de dizaines d’étages aux styles architecturaux variés et disparates.

South Central, Atlantic Avenue, Summer Street…Il n’y a pas à dire, cette fois, on est aux States.

Je ne peux m’empêcher d’imaginer ce que Nungesser et Coli auraient pu vivre en débarquant ici, dans le nouveau monde. Au fond de moi, je suis presque sûr que la grande traversée, ils l’ont réussie. Ce n’est que l’arrivée qu’ils ont ratée. Pourquoi si peu de renseignements sur l’origine du moteur retrouvé qui aurait pu – ou non – authentifier cette expédition extraordinaire de 1927 ?
http://www.aerobuzz.fr/spip.php?article844
Avatar de l’utilisateur
vjp
Légende du forum
Légende du forum
 
Messages: 17113
Inscription: 04 Jan 2006, 01:00
Localisation: croix d Anzin-Verley

Re: Nungesser ......victime d’Al Capone

Messagepar vjp » 29 Juil 2013, 05:14

Avatar de l’utilisateur
vjp
Légende du forum
Légende du forum
 
Messages: 17113
Inscription: 04 Jan 2006, 01:00
Localisation: croix d Anzin-Verley

Re: Nungesser ......victime d’Al Capone

Messagepar JeffK21 » 12 Oct 2013, 22:08

En ce moment, sur Arte, reportage sur Nungesser, Coli et l'Oiseau Blanc...
Avatar de l’utilisateur
JeffK21
Prof
Prof
 
Messages: 2086
Inscription: 04 Aoû 2006, 01:00
Localisation: La pression, il vaut mieux la boire que la subir.

Re: Nungesser ......victime d’Al Capone

Messagepar Polska » 14 Oct 2013, 18:02

Avatar de l’utilisateur
Polska
Elève
Elève
 
Messages: 167
Inscription: 28 Mai 2010, 23:04
Localisation: A 7000km du stade

Re: Nungesser ......victime d’Al Capone

Messagepar vjp » 09 Déc 2013, 07:28

L’aérodrome de Valenciennes-Denain devient un aéroport

http://www.lavoixdunord.fr/region/l-aer ... 56n1760482
Avatar de l’utilisateur
vjp
Légende du forum
Légende du forum
 
Messages: 17113
Inscription: 04 Jan 2006, 01:00
Localisation: croix d Anzin-Verley

PrécédenteSuivante

Retourner vers Espace Souvenirs

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 10 invités